10.01.2020, 17:00

Mythique géant d’Adelboden: là où les skieurs suisses et valaisans ne savent plus gagner

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La foule, la pente, l’émotion: autant de difficultés pour les Suisses qui évolueront à domicile ce samedi lors du géant d’Adelboden.

Mystère Le dernier podium suisse au géant d’Adelboden remonte à 2008. Qu’est-ce qui cloche sur la plus mythique des pistes de la discipline? Eclairage avant l’épreuve de ce samedi avec le Haut-Valaisan Daniel Albrecht, qui avait pris le deuxième rang il y a douze ans.

Le théâtre sportif mondial compte quelques planchers mythiques: Wimbledon pour le tennis. New York pour le marathon. Monaco pour la F1. Le Centre Bell pour le hockey sur glace. Adelboden et son pâturage de 84 hectares font également partie de ces places magiques. Ces places où les vainqueurs se transforment en légendes. 

Une place s’est libérée

Pour un géantiste, dompter le Chuenisbärgli – la petite montagne des vaches – permet d’inscrire l’une des lignes les plus dorées dans son palmarès. «En tant que Suisse, le seul fait de prendre le départ de ce géant est une consécration», sourit Justin Murisier. Seulement voilà. Ces dernières années, pour devenir une légende dans l’Oberland, il fallait surtout battre un homme: Marcel Hirscher, recordman de victoires dans le canton de Berne. Depuis son départ à la retraite, les cartes sont redistribuées. Chacun peut de nouveau rêver de succès.  

Daniel Albrecht était monté sur le podium du géant d’Adelboden en 2008. ©Keystone/A

Plus d’une décennie de disette 

Dans le camp suisse, il faut remonter à plus d’une décennie pour trouver la trace d’un succès. Pire même, la trace d’un podium. Les derniers à avoir réussi à se hisser sur l’une des trois premières marches en géant? Marc Berthod et Daniel Albrecht, auteurs du doublé en 2008. Depuis, c’est l’attente. Plus aucun représentant helvète n’est parvenu à se mettre en évidence sur ce géant qui a pour réputation d’être le plus prestigieux et le plus difficile du cirque blanc. «Dans le monde il y a les géants habituels de la saison et puis il y a Adelboden», dit Daniel Albrecht. Voilà qui veut tout dire. Un monde à part. 

Aujourd’hui encore je ne sais pas comment j’ai fait pour monter sur le podium à Adelboden.
Daniel Albrecht, ancien skieur professionnel valaisan

Gérer la prise de risque…

Aujourd’hui, l’ancien skieur de Fiesch s’interroge toujours. «Je ne sais pas encore à ce jour comment j’ai fait pour monter sur ce podium. Ce géant ne me convenait pas. Mais il est si spécial que n’importe qui peut réussir une performance là-bas.» Alors, quels conseils donnerait le Haut-Valaisan aux géantistes suisses pour briser le mauvais sort ce samedi? «Ils savent ce qu’ils ont à faire. Ce sont des athlètes de très haut niveau. Le risque, par contre, c’est de vouloir trop en faire», avertit Albrecht. «Se donner à 120%, c’est bien. Mais, parfois, cela peut se retourner contre toi», poursuit celui qui avait régné dans la foule.

Se donner à 120%, c’est bien. Mais, parfois, cela peut se retourner contre toi.
Daniel Albrecht, ancien skieur professionnel valaisan

… et la foule qui gronde

Sur les deux jours, entre le géant du samedi et le slalom du dimanche, ce sont près de 40 000 personnes qui se déplacent dans l’Oberland. Dans un village de 3300 âmes. «C’est une course très spéciale, très émotionnelle. Le public est très proche. Dans le portillon de départ, tu entends déjà dans les radios la foule qui gronde à l’arrivée. En plus, on connaît en général passablement de monde qui se trouve dans le public. Tu ne retrouves cela nulle part ailleurs. Il est donc difficile de relativiser et de normaliser un tel contexte. En tant que Suisse, je ne crois pas qu’il y ait un autre géant où tu ressens autant de pression.» 

Dompter la piste

Le seul bruit ne suffirait évidemment pas à faire de ce géant le plus redoutable et redouté au monde. Son profil, dont une inclinaison maximale à 60%, en effraie plus d’un aussi. «La pente est ardue. Chaque virage est différent. Après le dernier plat, vous devez encore affronter le mur final. Tu peux y gagner du temps mais en perdre énormément aussi. En général, tu t’en rends assez vite compte avec la clameur des spectateurs.» Et si la clameur de ce samedi célébrait un podium suisse, douze ans plus tard? 

 

 

Le géant d’Adelboden, l’une des scènes mythiques du sport mondial

A lire aussi: Justin Murisier: «Je ne me vois pas faire autre chose pour le moment»
 

En direct de la piste

La phrase

«Aujourd’hui, je suis Valaisan»

Valaisan? Neuchâtelois? Le mystère entoure Loïc Meillard depuis quelque temps déjà. A Adelboden, le skieur d’Hérémence a mis les choses au clair. «Voilà treize ans que j’habite en Valais. J’ai toujours skié ici. Ce qui ne veut pas dire que je renie mes origines neuchâteloises. Je serai toujours fier de mes racines. Mais aujourd’hui, je suis Valaisan.» 

Le malade

Dans quel état Justin Murisier va-t-il s’élancer aujourd’hui? Malade depuis le début de la semaine, le Bagnard assurait hier aller un peu mieux. «Mais je dois encore me soigner. En faisant attention à ce que je prends», dit-il en faisant référence à certaines substances qui peuvent être prohibées. «Ce qui est sûr, c’est que je vais donner mon maximum. On fera le bilan à la fin.»

Le casque spécialement conçu pour le 100e départ de Justin Murisier en Coupe du monde. Dédicace spéciale à la série «Casa de Papel»

Les chiffres

5 sur 10: la note que Loïc Meillard attribue à son début de saison. «Disons qu’il est plutôt contrasté. Il y a eu de très bonnes sections, mais jamais sur la totalité d’une course. Il y a aussi eu du moins bon. Il faut essayer de tout mettre en place pour réussir deux manches pleines.» Aujourd’hui sur le géant? 

7 Elia Zurbriggen, le fils de Pirmin, prendra ce samedi son septième départ à Adelboden. Des autres géantistes suisses présents, seul Gino Caviezel fait mieux avec un huitième départ. 

45 000 francs. La somme avec laquelle repartiront les vainqueurs de chaque épreuve au programme de ce week-end. A ce jour, Alexis Pinturault est celui qui a empoché la plus grande somme depuis le début de la saison avec 148 050 francs. 

Le programme

Samedi (géant)
1re manche à 10 h 30, 2e à 13 h 30

Dimanche (slalom)
1re manche à 10 h 30, 2e à 13 h 30


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