Le Valais prend conscience de l’importance de sa terre

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environnement En Suisse et en Valais, la pression exercée sur les sols, notamment les surfaces agricoles, est énorme. Le Conseil d’Etat vient de créer un centre de compétence interdépartemental afin de les protéger.

 17.06.2021, 17:55
Les conseillers d'Etat Franz Ruppen et Christophe Darbellay entourent Christine Genolet-Leubin, présidente du Centre de compétence pour les sols en Valais.

Quatre cent cinquante hectares de surfaces agricoles disparaissent chaque année en Valais. Rien que pour la plaine du Rhône, là où se trouvent les terres les plus fertiles, 80 hectares sont effacés, soit 110 terrains de foot. A ce rythme, elle sera entièrement bétonnée dans un siècle.

Un sol intact est la base du développement sain de notre canton.
Franz Ruppen, conseiller d’Etat

«Un sol intact est la base du développement sain de notre canton. Au-delà de la production de nourriture, il joue un rôle crucial dans la protection contre le changement climatique, dans la régulation de la chaleur et l’absorption des eaux», explique Franz Ruppen, conseiller d’Etat chargé du territoire et de l’environnement.

Son collègue Christophe Darbellay, chef du Département de la formation et de l’économie – qui comprend l’agriculture – ajoute: «C’est à nous, les politiques, de donner un signal fort pour la préservation des sols, une ressource pas suffisamment considérée aujourd’hui.»

C’est à nous, les politiques, de donner un signal fort pour la préservation des sols, une ressource pas suffisamment considérée aujourd’hui.
Christophe Darbellay, conseiller d’Etat

Ce jeudi, les deux hommes ont invité la presse afin d’annoncer la création du Centre de compétence pour le sol en Valais (CCS). Présidé par Christine Genolet-Leubin, cheffe du Service de l’environnement, cet organe est également composé des Services de l’agriculture et du développement territorial.

7350 hectares de sols à protéger

La création du CCS fait écho à la stratégie nationale sur les sols adoptée par le Conseil fédéral en mai 2020. Le centre de compétence valaisan fera ainsi le lien avec son pendant national et coordonnera le travail en Valais. Sur les 35 000 hectares de surfaces agricoles, 7350 sont particulièrement dignes de protection car plus fertiles. A charge du CCS d’en assurer la protection tant du point de vue quantitatif que qualitatif.

Le rythme de disparition des surfaces agricoles va-t-il donc diminuer pour s’approcher de zéro? «Non», répond Christophe Darbellay qui précise: «Nous allons ralentir ce rythme, mais arriver à zéro ce serait ambitieux. Le politique doit gérer les conflits d’intérêts entre l’importance du sol agricole et la nécessité des habitations.»

Les outils pour gérer ce conflit existent déjà selon Christine Genolet-Leubin: «Nous devons travailler avec les communes pour mettre en œuvre la loi d’aménagement du territoire, la fameuse LAT, et pour redimensionner les zones à bâtir en densifiant vers l’intérieur.» Chef du Service du développement territorial, Nicolas Mettan ajoute: «La surface d’assolement est un critère important lors de l’ouverture de nouvelles zones à bâtir.»

«Un sol perdu»

Ainsi, le CCS devra sensibiliser les décideurs cantonaux et communaux à la protection des sols. Et cela ne concerne pas que les surfaces agricoles. «La prise de conscience doit être plus large», affirme Christine Genolet-Leubin. Pour la présidente du CCS, il faut également informer le monde agricole et les milieux de la construction, notamment les architectes: «Il est important de ne pas tout bétonner ou goudronner car un sol imperméabilisé est un sol perdu.»

Il est important de ne pas tout bétonner ou goudronner car un sol imperméabilisé est un sol perdu.
Christine Genolet-Leubin, présidente du CCS

Mais la première tâche qui attend le CCS sera de faire un état des lieux. «Les données pédologiques en Valais et en Suisse sont lacunaires. Or, la gestion durable des sols a besoin de données uniformisées et fiables pour informer les décideurs politiques», constate Christine Genolet-Leubin.

600 000 francs

Le centre de compétence pour le sol est doté d’un budget de 600 000 francs par année, «sans compter les salaires qui sont pris sur les budgets des différents services», précise Christophe Darbellay.

Aujourd’hui, 70% des Valaisans vivent dans la plaine et la pression augmente sur les surfaces agricoles. Le conseiller d’Etat l’admet: «Il faudra parfois faire des choix difficiles et impopulaires, mais je ne pense pas que la vision des Valaisans soit une plaine du Rhône complètement bétonnée.»


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