A Sion, la piscine à vagues artificielles Alaïa Bay ouvre le 1er mai

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Loisirs La nouvelle piscine va ouvrir ses portes aux Iles, à Sion. Ses concepteurs espèrent attirer 100 000 visiteurs la première année et qu’elle devienne un centre de référence du surf.

 03.03.2021, 18:05
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La piscine à vagues artificielles d’Alaïa Bay ouvre ses portes le 1er mai dans la zone des Iles, à Sion. Les fondateurs espèrent en faire un centre de référence du surf en Suisse. La capitale valaisanne y voit un projet qui s’inscrit dans le tourisme quatre saisons tandis que le WWF Valais regrette «une artificialisation des loisirs».

C’est encore le calme plat à Alaïa Bay. Mais plus pour longtemps: l’eau frémit, ondule puis forme des vagues maîtrisées qui s’aplatissent avant la fin du bassin de 8300 m² en forme de quart de cercle. Celui-ci est coupé en deux par la machine à vagues. Il y a donc deux terrains de jeu, un de chaque côté, pouvant accueillir en tout jusqu’à 40 personnes.

«On a environ une vingtaine de vagues différentes que l’on programme avec 120 paramètres sur 46 moteurs. Ce mur crée des ondes toutes les huit secondes allant de 20 centimètres à 2 mètres. Pour qu’elles soient parfaites, nous nous appuyons sur les retours de surfeurs pros mais aussi de débutants», explique Adam Bonvin lors d’une visite de presse, fondateur de ce projet auquel il dédie son temps depuis cinq ans.

Pour cette première année, il espère attirer plus de 100 000 visiteurs de tous horizons, ce qui permettra de couvrir les frais.

L’idée est de pouvoir offrir en Valais l’expérience du surf à proximité des pistes de ski. © Keystone

Une expérience addictive

Alaïa Bay permettra «à la communauté d’avoir un point de chute en Suisse», explique par téléphone à Keystone-ATS l’un des fondateurs de l’association romande de surf Ludo Jaccard. Selon lui, ce bassin a toute sa légitimité, ici sur un territoire continental: la Suisse concentre un grand nombre de surfeurs, et c’est un phénomène de masse en Europe.

La piscine de Sion «attirera forcément des pratiquants du sud de l’Allemagne, du nord de l’Italie et de France voisine», complète-t-il. Adam Bonvin confirme avoir déjà des appels d’équipes françaises et espagnoles intéressées à y entraîner leurs athlètes, en tant que complément. Son offre ne vise évidemment pas à remplacer l’océan, insiste-t-il.

La plus-value d’Alaïa? La garantie de pouvoir surfer «une douzaine de vagues en une heure, une expérience qui a son côté magique et addictif», ajoute Ludo Jaccard. Ce n’est pas la même sensation que dans la mer, mais l’infrastructure permet «d’améliorer sa technique, de tester et de recommencer», détaille Fanny Bühlmann, membre Talent Squad de l’association suisse de surf qui vient de finir sa session. Celle qui habite Ollon (VD) espère, à terme, pouvoir venir s’entraîner toutes les semaines.

Le WWF conteste

Venus d’Hawaï pour aider à calibrer les vagues, les pros Ezekiel Lau et Jenna Forti confirment. «C’est incroyable, on n’aurait jamais pensé venir en Suisse surfer. Ces vagues ressemblent à celles que l’on a chez nous, sur nos meilleurs spots.» Dans l’après-midi, ils ont prévu de snowboarder dans les Alpes. Rapprocher les sports d’action – surf, snowboard et skateboard – les uns des autres, c’est exactement le credo que défend Adam Bonvin.

Du côté de la Ville de Sion, on estime que le projet s’inscrit parfaitement dans sa volonté «de développer le tourisme quatre saisons». «On constate que les consommateurs sont friands de nouvelles activités, voire d’en expérimenter plusieurs en une journée», indique le président de Sion, Philippe Varone, qui voit d’un bon œil la diversification des loisirs avec des offres plus innovantes.

L’espace de surf est impressionnant vu du ciel. © Keystone
 

Le WWF Valais n’a pas fait opposition au projet, vu que «la zone est déjà dédiée aux loisirs», explique Marie-Thérèse Sangra, chargée d’affaires. L’ONG considère toutefois ce bassin comme «une artificialisation de nos loisirs qui rentre dans le même ordre d’idées que le recours au canon à neige, lorsque l’or blanc manque», souligne-t-elle.

La secrétaire régionale regrette aussi la mise en place d’un complexe qui ne va pas du tout dans le sens d’une sobriété énergétique, nécessaire à la préservation de la planète. Une argumentation que défend également Surfrider Europe. «Consciente pourtant de la valeur ajoutée de tels équipements» l’ONG voit dans ces piscines à vagues «des projets d’artificialisation des sols gourmands en eau» qui «contribuent à augmenter la vulnérabilité des territoires au changement climatique».

Autant d’énergie qu’un télésiège à six places

Pour remplir le bassin, il faut environ 13 000 m³ d’eau (soit environ 4 piscines olympiques) provenant du réseau de Sion. «Le circuit d’eau est fermé, toute l’énergie vient des barrages valaisans et des cellules photovoltaïques sur le toit compensent entièrement l’utilisation énergétique du bâtiment adjacent. Alaïa Bay consomme autant qu’un télésiège à six places», résume Adam Bonvin.

La question de l’écologie taraude chaque surfeur «suisse qui ne peut, de base, pas être irréprochable en la matière», souligne Ludo Jaccard. Mais il ne voit pas «pourquoi leur pratique en ferait les frais alors que d’autres infrastructures coûtent plus cher énergétiquement», ajoute-t-il. En tant qu’association sportive «nous soutenons toutes les possibilités de surfer. Libre à chacun ensuite de faire une pesée d’intérêts».

 

 

ATS

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