Coronavirus
 27.03.2020, 18:00

Coronavirus: des Valaisans de toutes les générations ont guéri

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Henri Délez (75 ans), Christelle Roduit (28 ans) et Frédéric Favre (40 ans) ont surmonté le Covid-19.

Témoignages Ils ont entre 28 et 86 ans et se sont remis du virus. Ils témoignent de leur vécu pour donner du courage et de l’espoir.

Si le Valais connaît chaque jour de nouvelles personnes infectées par le Coronavirus, on y trouve aussi de nombreux patients guéris. Certains malades se sont soignés chez eux, d’autres ont été hospitalisés.

Parmi eux, des personnes âgées, la population la plus vulnérable au virus, qui se sont remises. A l’image d’un Valaisan de 86 ans et de sa compagne du même âge. «On a eu très peur quand on a su qu’ils avaient le coronavirus. Mais ils s’en sont sortis. Cela montre qu’on doit garder l’espoir», souligne Isabelle, petite-fille de l’octogénaire. Son grand-papa a été hospitalisé à Sion, le 16 mars, après avoir présenté plusieurs symptômes et été testé positif au virus. «Il est rentré à l’hôpital déshydraté; on l’a perfusé. Dans la famille, on était sûrs que c’était la fin», raconte Isabelle.

Amélioration rapide de l’état de santé

Rapidement pourtant, l’état de santé de son grand-papa s’est amélioré. «Il a eu des difficultés à respirer mais n’a pas eu besoin d’assistance respiratoire, au contraire de sa compagne.» Quelques jours plus tard, le couple a été transféré en gériatrie à l’hôpital de Martigny pour terminer sa convalescence et récupérer. «Ils sont dans la même chambre et vont tous les deux bien aujourd’hui», se réjouit Isabelle.

Impossible par contre de savoir où son grand-papa a attrapé le coronavirus. «Comme il a des pertes de mémoire, il ne se souvient pas en détail de ce qu’il a fait les jours précédant les symptômes.» Par contre, sa compagne et lui sont conscients «d’avoir eu de la chance. Mon grand-papa sait qu’il est passé tout près de la mort», conclut Isabelle.


D’autres Valaisans s’en sont aussi sortis. Témoignages.

Christelle Roduit, 28 ans. «J’avoue que c’était angoissant»

Christelle Roduit veut témoigner que même les personnes jeunes et sportives peuvent être atteintes par le virus. DR 

Deux semaines et demie d’arrêt. Quand elle fait le bilan de son expérience de coronavirus, Christelle Roduit se dit soulagée d’être guérie. Cette médecin de 28 ans travaillait à l’hôpital du Jura lorsqu’elle a commencé à se sentir mal. «J’avais de la fièvre, des douleurs musculaires fortes, des maux de tête, de la fatigue, mais aucun symptôme respiratoire. Ma cheffe m’a demandé de faire le test qui s’est révélé positif», explique-t-elle.

La jeune femme rentre alors à Fully chez ses parents pour ne pas rester seule chez elle. «J’ai bien fait, car les trois premiers jours ont été rudes. Puis cela s’est calmé mais cela a repris peu après avec le retour de gros frissons et de la fièvre. J’avais 39,5.»

Le virus touche aussi les jeunes

Christelle Roduit passe quatre jours «au fond du lit. C’était angoissant, car on ne sait pas comment les choses vont évoluer. Quand on a une forte fièvre, on se demande si on va se réveiller en pleine nuit en insuffisance respiratoire», confie-t-elle.

Pourtant, en professionnelle avertie, Christelle Roduit avait «fait très attention» en appliquant les méthodes de prévention préconisées. «Je ne sais pas où j’ai pu attraper cette maladie.» Jeune, sportive et en bonne santé, elle a quand même été infectée. «Cela montre vraiment qu’il faut être très vigilant, car cela peut être très vite compliqué.» 


Frédéric Favre, 40 ans: «Perdre le goût et l’odorat a été déstabilisant»

Frédéric Favre a continué à travailler à domicile pendant sa maladie. Photo: Sabine Papilloud

 

«Je ne bouge pas de la maison quarante-huit heures de plus pour être sûr de ne contaminer personne», explique Frédéric Favre qui a continué à travailler chez lui pendant toute cette période de maladie. 
Le conseiller d’Etat a connu les premiers symptômes le lundi 16 mars. «J’avais l’impression d’avoir fait la Patrouille des glaciers tant mes courbatures étaient fortes. Le lendemain, j’apprenais que j’étais positif au coronavirus.» 

Si le quadragénaire n’a pas eu de fièvre, il s’est senti assez fatigué, particulièrement pendant la deuxième partie du confinement. «J’ai beaucoup dormi pour récupérer car je suis persuadé que le sommeil est réparateur. Par contre, je n’ai pris aucun médicament.»

N’ayant pas de problème de santé particulier, il confie ne pas s’être trop inquiété. «Mais c’est clair que, comme il y a plusieurs symptômes, on ne peut s’empêcher de laisser son imagination travailler. Il y a eu des moments où j’ai eu l’impression d’avoir de la peine à respirer, mais en fait, il n’y avait aucun souci.» Le pire pour lui a été la perte de l’odorat et du goût. «Cela a été extrêmement déstabilisant. Cela a duré quatre jours.»

Sa femme et deux de leurs filles ont apparemment été contaminées avec des symptômes plus ou moins forts. «C’est le problème de l’isolement en famille. On a pourtant essayé de respecter au maximum les mesures de l’OFSP mais ce n’est pas évident quand on a des jeunes enfants.» Aujourd’hui, tous sont sortis de la maladie. 


Henri Délez, 75 ans: «J’étais vraiment mal en arrivant à l’hôpital»

Sorti de l’hôpital de Martigny jeudi soir, Henri Délez doit encore rester confiné chez lui pendant deux semaines. Photo: Héloïse Maret

 

«La première chose que j’ai faite en rentrant, c’est me laver les cheveux», confie Henri Délez (75 ans) qui vient de sortir de l’hôpital de Martigny. Le septuagénaire de Saint-Maurice, infecté par le coronavirus, est aujourd’hui guéri. «Je dois encore rester jusqu’au 15 avril confiné pour me protéger mais aussi protéger les autres», explique-t-il.

Henri Délez a ressenti les premiers symptômes de la maladie le 6 mars déjà. «Je m’en souviens bien car c’était le jour de mon anniversaire!» S’il n’a pas de fièvre et ne tousse pas, il éprouve une immense fatigue. «J’étais lessivé.» Les deux jours suivants, il se sent un peu mieux. «Je ne me suis pas trop inquiété.»

Son état de santé se détériore ensuite fortement. «La nuit du 13 mars, j’ai appelé à l’aide et on m’a tout de suite amené à l’hôpital où j’ai été testé positif au coronavirus. J’étais vraiment mal. Je savais tout juste comment je m’appelais», raconte-t-il. Comme il n’avait presque rien mangé chez lui les jours précédents, il est arrivé déshydraté et souffrant d’anémie. «Comme je suis diabétique, j’ai aussi inquiété les médecins.» Il a été mis sous perfusion et a porté un masque à oxygène pendant deux jours. «Rapidement, cela a été mieux. J’ai été très bien soigné et les infirmières étaient toutes douces et sympas, sans exception.»

Henri Délez a pu rentrer jeudi soir. «On m’a demandé de me protéger. J’étais donc habillé avec une pèlerine, des gants, un masque. Avec un casque, on aurait dit un cosmonaute», sourit le septuagénaire qui a gardé le moral tout au long de sa mésaventure. «Mais heureusement qu’on m’a hospitalisé le 13, sinon je ne serai plus là pour vous parler.» 

 

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