Spécial Habitat

Val-d’Illiez, patrimoine à ciel ouvert

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Passé/Présent Eparpillée au pied des Dents du Midi, la commune a préservé son identité et son cachet, comme en témoignent de remarquables chalets aux toits «en sifflet».

 02.05.2021, 17:00
La place du village de Val-d’Illiez, vers 1910. © Jullien frères, CIG, Médiathèque Valais – Martigny

En interprétant la chanson populaire «Les jeunes filles de Val-d’Illiez», Marc Aymon a joliment attiré l’attention sur cette vallée et le village du même nom.

S’il fut un temps où les femmes manquaient de prétendants, il en fut un autre – dès 1830 – où elles portaient le pantalon pour le travail quotidien. Avec un foulard rouge brodé en guise de coquetterie. Un accessoire qui ceint parfois la taille d’une nouvelle génération de demoiselles. 

Paysannes du val d’Illiez vers 1910. Nombreuses d’entre elles fumaient la pipe. © Jullien frères, CIG, Médiathèque ValaisMartigny

 

Mais restons un moment avec ces femmes du XIXe siècle se retrouvant après la messe dominicale dans les 17 greniers du village, séparés chacun en quatre pièces distinctes, une par famille, pour y entreposer les affaires militaires et les «beaux habits du dimanche».

 

Les quatre derniers greniers sur pied, rénovés, ont désormais vocation culturelle. L’un d’eux, accueille des expositions thématiques.
Marie-France Caillet-Bois, présidente de la Fondation du Patrimoine de Val-d’Illiez

 

Pour Marie-France Caillet-Bois, le but principal de la Fondation du Patrimoine de Val-d’Illiez consiste à inventorier, stocker et préserver des objets reflétant l’héritage historique de la commune. 

 

Une réputation de grippe-sous

«Depuis la fenêtre, les femmes épiaient les hommes», nous raconte notre guide Marie-France Caillet-Bois. «De solides gaillards au caractère ardent et bien trempé, réputés pour leur tempérament de grippe-sous et de pique-sous.

Sur le parvis de l’église, ces messieurs, les poches remplies de liasses de billets, faisaient ouvertement négoce en écoutant les annonces du crieur.»

La pimpante église de Val-d’Illiez se repère de loin. A ses pieds le trafic s’est intensifié. La commune enregistre désormais plus de 2000 habitants et sa population ne cesse de rajeunir. DR
 

Bien sûr, ce commerce n’a plus lieu de nos jours mais l’église de Val-d’Illiez n’en demeure pas moins le plus respectable témoin de cette pratique. L’édifice religieux actuel est le troisième sanctuaire érigé en ce lieu.

La chapelle initiale fut remplacée par une église en 1434, agrandie par la suite en 1670. Le plafond voûté en bois mouluré d’époque est néanmoins resté intact. Si le vicariat (1860) attenant n’existe plus, la cure (1711) a subsisté. Tout comme l’église, elle est classée au patrimoine national.

«Dépendante à l’origine du diocèse de Sion, l’église est passée de 1331 à 1607 sous l’autorité de l’abbaye d’Abondance, dont les moines évangélisaient notre vallée.»

Le buste en bronze de Pierre-Maurice Rey-Bellet, dit le «Gros Bellet» est inauguré en 1924 sur la place du village. Ce personnage a contribué à l’union des Haut et Bas-Valais et à la création de la patrie valaisanne. DR

 

Les relations frontalières ont toujours été plurielles et incessantes. A leur apogée notamment en période de contrebande au XXe siècle.

«Des clochettes de petit bétail forgées à Champéry servaient de monnaie d’échange pour acquérir des chèvres et moutons en période d’épizooties valaisannes.»

Un air pur et sain

Les premiers touristes anglais se manifestent surtout dans les années 1880. Leur premier hôtel, «Les Narcisses», deviendra par la suite le Préventorium Saint-Joseph de la Ligue antituberculeuse du District de Monthey.

«L’humidité du val d’Illiez, par ailleurs surnommé «pot de chambre du Valais», a toujours garanti un air vivifiant, mais a également favorisé l’épanouissement d’une flore exceptionnelle, attisant la passion de nombreux naturalistes.»

Ambiance pastorale avant les Bains de Val-d’Illiez, vers 1925. © André Kern, Médiathèque Valais – Martigny

 

Retenons encore quelques dates qui claquent. En 1908, l’exploitation régulière du Chemin de fer MCM (Monthey – Champéry – Morgins) facilite les déplacements. Le petit train rejoignait Champéry depuis Monthey en 1h20 contre 17 minutes aujourd’hui.

Le restaurant Chez Gaby 1670 sur les pistes de Champoussin en 1977. © Anonyme, Treize Etoiles, Médiathèque Valais – Martigny

 

En 1959 et 1962, des tempêtes de fœhn bouleversent le paysage communal, avec plus de 70000 m3 de bois déracinés. Un mal pour un bien, puisque l’ouverture de routes permet le développement des sports d’hiver aux Crosets et à Champoussin, deux stations du domaine franco-suisse des Portes du Soleil.

Hôtel Télécabine de la station des Crosets, vers 1978. © Anonyme, UVT, Médiathèque Valais – Martigny

 

Depuis lors, Val-d’Illiez poursuit harmonieusement son expansion, sans construction d’immeubles démesurés et dans le respect de l’architecture typique des chalets d’antan.

L’école de Val-d’Illiez en 1959 © Collection André Chevailler, Médiathèque Valais-Martigny

 

Et sa version contemporaine, baptisée «La Chocolatine» bien intégrée dans le paysage. Chacune de ses classes porte un nom de spécialité au chocolat, dont par exemple, «la truffe savante». DR 

Toits «en sifflet»

C’est un peu la marque de fabrique de la vallée. «Du faîte du toit jusqu’au fond du pan de toit, la surface se réduit de 8 à 13 pourcents», relève notre guide. «Pour une question d’économie de bois, de protection de la façade et d’optimisation aussi de la lumière dans les pièces d’habitation.» Ces toits, plus ou moins trapézoïdaux, sont toujours autant plébiscités de nos jours.

 

Cet article peut être lu dans notre magazine « Votre habitat» en cliquant sur la couverture ci-dessous.

La statue du «Gros-Bellet» 

Pierre-Maurice Rey-Bellet, dit le «Gros Bellet» a joué un rôle capital pour l’avenir du Bas-Valais, alors sujet des sept dizains du Haut, administrés par des gouverneurs. La colère montait dans la population face à leur manière de rendre justice . En 1790, des actes de concussion successifs mettent le feu aux poudres. Et fournissent ainsi une occasion de rébellion et un chef à l’insurrection. Par ses menaces, le «Gros Bellet», de stature imposante et dans la force de l’âge, chasse le gouverneur de Monthey Etienne Schinner en 1790. C’est le signal de soulèvements et d’émeutes populaires qui déboucheront quelques années plus tard sur l’indépendance du Bas-Valais.
 


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