Nos moutons sont-ils assez bien gardés pour échapper au loup?


Si les Suisses acceptent la nouvelle loi sur la chasse le 27 septembre, seule la mort de moutons correctement protégés par les éleveurs sera indemnisée financièrement. De quoi mettre en lumière une réalité ignorée: sur certains alpages, les troupeaux pourraient être mieux prémunis contre des attaques du loup. Enquête en terres valaisannes.


Romain Carrupt

 01.09.2020, 20:00

Avec la multiplication des loups, c’est l’avenir du pastoralisme qui se joue.

Christophe Darbellay, ministre de l'agriculture

Alpages abandonnés à cause du loup

Devant les journalistes, le ministre Christophe Darbellay insiste: «Avec la multiplication des loups, c’est l’avenir du pastoralisme qui se joue.» Vendredi à Châteauneuf, son Service de l’agriculture, qui soutient ouvertement la nouvelle loi sur la chasse, a voulu «donner la parole aux seuls qui savent». En opposition aux «professeurs qui s’expriment beaucoup, mais qui n’ont pas de troupeaux à protéger».

Trois éleveurs de moutons ont ainsi témoigné de la difficulté de cohabiter avec le loup, qui a pour l’heure tué 200 des 40 000 moutons et chèvres alpés cet été en Valais. «Le loup est un animal très malin qui se sent hyperprotégé», analyse Olivier Sarrasin, agriculteur à Orsières. «Les mesures de protection à son encontre sont saturées. Si on ne change rien, de plus en plus de collègues vont tout arrêter.» Selon l’Etat du Valais, «le canton a perdu 30 alpages à moutons en dix ans. L’année prochaine, dix autres ne seront plus exploités en raison de la pression du loup.» Mais aussi d’une protection des troupeaux perfectible? «Le Nouvelliste» a enquêté.

Le nombre de victimes dépend surtout du niveau de protection des troupeaux.

Isabelle Germanier, responsable romande du Groupe Loup Suisse